- VELVING - Histoire et Généalogie d'un village au Pays de Nied

- VELVING - Histoire et Généalogie d'un village au Pays de Nied

1938 - 1944 : de l’ évacuation à la libération

1938 à 1944 - De l’évacuation à la libération

 

1938

 

Au début de l’année 1938, les autorités militaires françaises mettaient en place des compagnies de gardes frontaliers formées de réservistes des classes les plus âgées, afin d’inspecter les frontières en collaboration avec les gardes mobiles et les gendarmes en cas de conflit avec l’Allemagne.

Leur rôle ne devait que s’étendre pendant les premiers jours après l’évacuation des populations civiles de la zone rouge c’est-à-dire la zone des villages disséminés entre la frontière et la ligne Maginot  surface qui formait 252 872 km2

Les gardes portaient l’uniforme bleu ciel à l’insigne du « F » (frontalier) et étaient armés du fusil Lebel (fusil de la 1er Guerre Mondiale). Leur paquetage militaire était gardé à domicile et leur période d’instruction et d’entrainement étaient exercés dans les camps de Bitche, Téting et Vécking. Une unité de gardes  frontaliers était constituée de 20 à 50 hommes. Ces hommes connaissaient parfaitement le pays et avaient pour mission de garder les points stratégiques frontaliers tels les ponts, les lignes de chemin de fer, les routes et chemins vicinaux. Mais leur rôle, en collaboration avec les gendarmes consistaient aussi dans le contrôle de la circulation sur route et de guider  les troupes françaises à leur arrivée dans la zone rouge.

 

A Velving le groupe était composé de :

 

-          HAAG Hugues, sergent 

-          SCHERER Charles (cuisinier)

-          TAILLEUR Nicolas

-          SCHMIT Mathieu

-          SCHMITT Joseph

-          BRAUSSEN Victor

-          SCHMIT Albert

 

L'ensemble du groupe de garde était sous le commandement du gendarme Paquet de la brigade de Boulay. Après le depart des habitants à Plaisance, les gardes frontaliers organisaient leur "drôle de guerre" en prenant leur quartier dans la maison de HAAG Hugo. L'ennui venant très vite, on décida de planter des pommes-de-terre avec l'aide des autres militaires alors stationnés à Velving et ainsi d'organiser la vie differemment.

 

Aux dires de certains, des exactions furent commises dans le village pendant l’évacuation à Plaisance dans la Vienne : pillages des maisons, vols, destructions de meubles, fenêtres brisées, etc…. Ces faits furent souvent attribués par jalousie, aux personnes restées sur place pendant l’évacuation dont les gardes frontaliers, mais aussi les troupes françaises qui avaient un gros poste d’observation sur le côte de Téterchen et dont les incursions dans le village furent nombreux pour se servir dans les différentes maisons. Scherer Charles racontait souvent avec légèreté, que leur mission n’était pas souvent prise au sérieux car ils savaient parfaitement que l’on ne pouvait pas résister  à un ennemi armé jusqu’aux dents : un drapeau blanc avait même été confectionné.. Le groupe ne possédait  qu’une mitrailleuse et chacun son fusil Lebel. Un drapeau blanc avait même déjà été confectionné en cas  de reddition. Le groupe portait un drapeau toujours visible dans la salle des fêtes de Velving :

d’un côté, fond jaune avec le drapeau national et l’incription : « Garde fronatliers de Velving »

et de l’autre côté,  sur fond jaune, une croix de Lorraine enchevêtrée dans des chardons avec l’inscription « qui s’y frotte s’y pique »

 

1939

 

L’exode du village a eu lieu le 1er septembre 1939 à Plaisance dans la Vienne…  village de 160 habitants en 2013 et 350 habitants en 1939.

 

 

 

 

 

L’ordre de départ fut donné par courrier de la gendarmerie.  Les gens eurent très peu le temps pour regrouper 30 kg d’affaires personnelles mais l’on emporta plus que le nécessaire.

 

La plupart des agriculteurs étaient encore aux champs pour rentrer les récoltes mais au son du tocsin, la population comprit que la France entrait en guerre. Les habitants eurent très peu de temps pour se préparer, en plus les mineurs venaient de rentrer du poste du matin et eurent juste le temps de rassembler les effets de la famille sur des charrettes à bois.  Le convoi, composé de charrettes à chevaux mais surtout de bœufs et vaches se dirigea sur Thiaucourt pour rejoindre la gare et s’embarquer pour la Vienne. Seul l’instituteur, Mr Hettinger, propriétaire d’une automobile, se proposa d’embarquer un peu plus que les effets permis dont les ornements de l’église.

Mme Hedwige DIDRICH, alors âgée de 17 ans me raconta du depart en carastrophe et de la longue route en charette lourdement charge avaçant au rythme des chevaux jusqu'à laare de Tiaucourt où l'on embarquait homes, femmes et enfants dans des wagons à bestiaux avec seulement 40 kg de bagages, le reste étant abandonné sur place à la gare. 

 

Pour ne pas gêner les convois militaires qui montaient déjà au front le convoi dû emprunter de petits chemins et routes.

 

 

Le convoi des habitants de Téterchen descendant la côte  avant d’entrer dans Velving….

(Photo Guillaume de Téterchen)

 

 

Les mineurs furent évacués dans le Pas-de-Calais à Sallaumines près de Lens.

 

1944

 

La libération du village par l’armée américaine a eu lieu le 26 novembre 1944. Avant cet événement majeur pour le village et ses habitants des signes précurseurs eurent lieux : attaques de l’aviation américaine et informations venus du front de Metz annonçant la venue prochaine des GI’s.  Ce qui engendra des fébrilités de la part autorités locales en charge de l’administration du village qui demandèrent avec insistance à la population de défendre ce qui pouvait encore l’être.

 

Sur insistance on ordonna à quelques personnes  dont Szalata  Jean,  Schmit Jules,  Didrich Joseph de  creuser à proximité de la côte de Valmunster des défenses antichars, défenses qui n’eurent aucun impact sur le passage des troupes et encore moins des chars Sherman américains comme nous le verront plu tard.

 

Les attaques de l’aviation américaines sur Velving furent meurtrières puisqu’elles ont fait une victime civile en la personne de Scherer Georges qui eut juste le temps de mettre à l’abri ses 5 enfants en leur demandant de rentrer dans la maison lorsqu’une bombe explosa dans la cour et tua le père.  La maison Jourdain fut totalement détruite par une bombe  pendant cette tragédie.

 

Il faut aussi noter une victime civile dans la rue du Berger en la personne de Léonie JOST qui fut gravement blessée au bras après l’attaque d’un avion américain qui déversa sa mitrailleuse dans toute la rue du Berger sur les façades des maisons Schlitter Jean (impactes toujours visibles  à ce jour) et JOST. Léonie se trouvait à la fenêtre de son domicile lorsque la catastrophe eut lieu. Transportée  dans la cave du café de la Place chez Schmitt Georges, qui servait d'abris et  où l’ensemble des habitants du quartier se retrouvèrent peu avant les attaques et l’arrivée  des troupes américaines.  On alla chercher le médecin de l’hôpital de Boulay qui vint lui amputer le bras dans la clinique de fortune organisée à la hâte dans la cave.

 

Ce 26 novembre c'est un ensemble de 7 obus qui tombèrent sur Velving à partir de 7h du matin. A ce propos Mme BECKER Cécile, née SCHLITTER raconta qu'un obus éclata à l'endroit meme où elle passa cinq minutes plus tôt avec son seau de lait : les plaques du fourneau avec la casserole ont sautés à cause de la déflagration. A cette occasion SCHLITTER Jean dû abattre un cheval et une vache atteints par le bombardement et un boeuf fut tué sur le coup.

 

Monsieur HAAG Hugo qui habitait la maison (aujourd'hui de Reinert Laurence), sortit de avec un drap blanc à  la main et une bouteille de Schnapps comme pour mieux accueillir ces libérateurs.

 

 Le 26 novembre, la compagnie B du 377ème RI soit 190 hommes, entrèrent dans Velving en venant d’Ottonville par  la rue du Berger.  Après les maisons Martz et Schlitter ils défoncèrent la porte d’entrée du café et se dirigèrent vers la porte de la cave.  Parlant en anglais puis dans un allemand très approximatif, ils demandèrent  s’il n’y avait pas de soldats allemands cachés dans la cave. C’est Mauricette Schmitt  qui sortit la première, mains sur la tête en leur expliquant longuement en allemand que ce n’était que des habitants qui y étaient réfugiés. Pas très rassuré et d’une grande fébrilité, les quelques soldats ont fait sortir l’ensemble des personnes devant la maison face au mur de la façade pour contrôle…. Rassuré, l’un des soldats remis à Marie Jeanne SZALATA,  4 ans et 9 mois,  du chocolat qu’elle dégusta pour la première fois.

 

La café a servi dans les 5 jours suivants de cantonnement et de casernement pour la companie B qui s’attribua tout le bâtiment : le café devint une infirmerie de campagne où l’on soignait les soldats dont certains avaient été blessés dans les bois d’Ottonville (au total 175 blessés dans ce regiment) et dans les affrontements de l’ouvrage de la Ligne Maginot entre le bois d’ Ottonville et Eblange.

 

Qui étaient ces libérateurs ?

L’histoire de ces soldats est étroitement liée à la libération de Metz le 24 novembre 1944.C’est la 90ème et la 95ème division d’infanterie qui eurent la charge de libérer notre région et plus particulièrement le 95ème qui libéra le pays de Nied. La 95ème ID fut constituée en mai 1942 avec à sa tête le commandant major-General Harry L. Twaddle.

 

 

Cette division fut créée lors d'une cérémonie en Juin 1942 à Fort Swift au Texas. C'était une division composée de 3 régiments d'infanterie le 377e, le 378e et le 379e, ainsi que les divisions organiques :, des troupes, du génie, de l’artillerie, du médical, etc. Le recrutement eut lieu dans tous les milieux de la société  américaines principalement dans le  Midle-West. Son camp de base était situé au Camp Swift et leur insigne fut adopté : 


 

La division s’est ensuite déplacée dans tout le pays d'un camp de manœuvres à l’autre. Le programme s'est poursuivi de 1943 à 1944, y compris dans le désert et en montagne. Vers la fin juillet, les différentes unités ont commencé à se déplacer en train à Camp Miles Standish pour se préparer au débarquement outre-mer, puis vers le port de Boston pour embarquer. Entassée à bord de deux transports de troupes, la division a connu une traversée sereine et à débarquer à Liverpool du 14 au 17 Août 1944. De là, ils ont voyagé en train jusqu'à la région de Winchester près de la côte sud de l' Angleterre. Elle y resta trois semaines avant son déménagement vers Southampton et s'embarquer pour la France à la mi-septembre. La division entière est arrivée sur la plage d'Omaha où elle a été confrontée à la dévastation : des épaves et des véhicules abandonnés et les tombes provisoires de soldats disparus.

 

 

Après environ un mois d’inactivité en Normandie la division a été informée qu'elle serait affectée à la 9ème armée sur le front dans le secteur de Metz à la fois par camion et wagon couvert. Les soldats y arrivèrent à la mi-octobre. Lorsque l’avant-garde de la division arriva sur le front, elle fut informée qu’elle serait affectée à  la 3ème Armée de Patton le 14 octobre 1944.

 

 

C’est dans le cadre de l’encerclement sud de Metz que nous suivons le 377ème régiment d’infanterie jusqu’à la libération du pays de Nied.

 

Ce régiment était composé ainsi :

377e RÉGIMENT D'INFANTERIE

  Quartier général du régiment, 377e Régiment d’Infanterie

    Siège, 377ème Régiment d'Infanterie

    1 Compagnie de Service, 377e régiment d'infanterie

    1 Compagnie Canon, 377ème Régiment d'Infanterie

    1 Compagnie antichar, 377e régiment d'infanterie

    1 Détachement médical, 377ème Régiment d'Infanterie

  1er bataillon d'infanterie, 377e Régiment d’Infanterie

    Siège, le bataillon d'infanterie 1er d'Infanterie 377e

    La Compagnie « A» Fusilier

    La Compagnie “B” Fusilier

    La Compagnie “C" Fusilier

    La Compagnie «D» armes lourdes

  2ème bataillon d'infanterie, 377ème Régiment d’Infanterie

    Siège de la compagnie, 2ème bataillon d'infanterie, 377e d'infanterie

    1 Companie "E" Fusilier

    1 Compagnie "F" Fusilier

    1 Compagnie "G"Fusilier

    1 Compagnie "H" Société des armes lourdes

        1ère section, H Co, 2d Inf Bn, 377ème Infanterie

  3ème bataillon d'infanterie, 2e Régiment d’Infanterie

    Siège de la compagnie, bataillon d'infanterie 3d, 377ème d'infanterie

    1 Compagnie "I" Fusilier

    1 Compagnie "K" Fusilier

    1 Compagnie "L" Fusilier

 

Après la libération de Metz puis de Woippy le régiment reçoit l’ordre de libération des villes situées de Metz jusqu’à la Sarre en passant par la vallée de la Nied, du 23 au 25 novembre 1944 le régiment est en marche sur la route de Metz à Boulay

 

Puis le régiment continue sa marche libératrice de Boulay  jusqu’à la Sarre et Sarrelouis en passant par Ottonville puis Velving du 26 novembre au 4 décembre 1944.

 

 

 

 

Carte de déploiement des compagnies vers Téterchen-Velving-Valmunster-Ottonville

 

Après Metz, sécurisée et encerclée, le régiment reçut l'ordre de se déplacer à l'est, tout en se réorganisant
puis en poussant vers la Sarre Le plan original du XX Corps avait été de garder son poids au nord de Metz, et de se projeter vers Merzig. mais, comme les 95e divisions et la 5ème avait été postée dans Metz, et le 90e et le 10th Armored ont été retardés dans le nord, le plan a été modifié pour répondre à la situation. Le corps a décidé de prendre la route la plus directe vers la Sarre, et de diriger la 95e à «attaquer au nord-est, vers un effort principal sur le flanc gauche, et de saisir les points de passage entre Sarre-
Kaiserslautern et Pachten. "Le 90e Division attaquerait au contact de la 95e, mais utilisera la tête de pont qui sera établi par la 95e. La 10e Armored attaquera et traversera plus au nord. La 5ème Division devait être en réserve. Le 5ème a repris dans la région de Metz, le 95e a poussé deux
régiments le 377e et 378e en avant  de la  Nied. Le 377ème d’infanterie était sur la gauche, où «l'effort principal» était à faire et a été autorisé à attaquer avec deux bataillons, à maintenir le contact avec la 90e Division à gauche. Le 378ème devait repousser de la même façon, en gardant le contact avec XII
Corps sur la droite. La 379e division était en réserve. Le terrain dans la zone de l'avance  été constitué de collines et de terrasses surplombant le bassin de la Sarre avec des zones boisées à mi-chemin entre la Moselle et la Sarre adosser à la Ligne Maginot, région convertie selon les autorités militaires américains à la langue allemande. A partir de la ligne Maginot, se prolongeant 8 à 15 kms vers l'est, se trouvait la ligne Siegfried. Telle était la situation sur le terrain,  le régiment ayant envoyé ses 1er et 2ème bataillon sur la ligne et le 3ème  bataillon en réserve. L'histoire se poursuit, par bataillon.

 

L'hôtel de ville et le clocher de l'église de Boulay détruits par les bombardements du 25 novembre 1944.

 

 

Libération de Bouzonville par la 90e DB le 27 novembre 1944


GI’s faisant la queue devant un poste de la Croix rouge pour recevoir des vaccinations de rappel dans le Café Guldner à Hargarten, en décembre 1944

 

 

Camion de la Croix Rouge stationné à Hargarten en janvier 1945 distribuant des beignets et du café

 

 

Thanksgiving Day, 1944, le 3ème jeudi de novembre, le premier bataillon occupa le château du marquis de Pange. Le quartier général ainsi que les compagnies B et  D ont pris possession des 58 chambres du château. Les compagnies A et C avaient pris leurs quartiers dans la ville de Pange.

L'organisation et la composition du bataillon ont été mises en place dès ses premières positions à l’est de Metz.

Des instructions, sortit tôt le matin, furent données pour des contacts à effectuer avec le deuxième bataillon du 377ème d’infanterie à gauche et le deuxième bataillon du 378ème régiment d’infanterie sur la droite. Ainsi se formait la ligne de combat pour la poussée vers la Nied et la Sarre.

Le lieutenant Robert L. Darrah, du bataillon S-2 et son chauffeur Norman A. Barber avaient profité du petit- déjeuner pour communiquer avec le 378e. Le lieutenant Darrah fait le contact puis veut se rendre au salon de coiffure qui était sur le chemin du retour à Pange pour être à l'heure pour la dinde de Thanksgiving.

"Sur un raccourci sur une route étroite il y a eu une énorme explosion quand une mine ou une charge de dynamite a été déclenchée », dit Barber. Le lieutenant Darrah a été tué sur le coup et Barber était éjecté de la jeep, grièvement blessé. Barber a dû faire son chemin tant bien que mal à a rejoint Laquenexy où il était immédiatement évacués par le 378e.

Avant que le bataillon ne quitte Pange, au début de la matinée du 24 novembre, un peloton du génie a fait construire à la hâte un pont sur la Nied au sud de Pange pour le passage des troupes et des jeeps.

Le premier bataillon devait passer vers le nord jusqu'à Vaudoncourt et Condé-Northen par une route à l'est. Le quartier général, des compagnies C et D a passé la nuit dans Vaudoncourt et les compagnies A et B étaient à Condé-Northen. Les efforts de communication et d’approvisionnement ont été entravés par des ponts de fortune construit sur la Nied allemande entre Vaudoncourt et Varize.

Les Américains rencontrèrent peu d’opposition car les Allemands avaient apparemment organisé leur retraite à l’est. Tard dans l'après-midi du 24 novembre, le bataillon a reçu un nouveau plan d’attaque pour le lendemain.

Le «grand plan» était un assaut coordonné sur Boulay-Moselle et la forêt d’ Ottonville  immédiatement au nord de la ville. Les premiers rapports ont indiqué que les Allemands avaient organisé une défense dans le bois et dans la ville. La ville de Boulay était la principale ville sur le route et du chemin de fer pour Sarrelouis, portes de la vallée de la Sarre.

Le 25 novembre à 8h30 le 1er bataillon a eu pour mission de capturer Volmerange, Brecklange et Roupeldange et de déménager vers le nord et la forêt d’Ottonville.  Volmerange a été capturée avec peu de résistance à 9h50 et Brecklange peu de temps après. Une partie nord de la Nied, près de Brecklange, a été inondée et une compagnie a dû patauger dans l'eau juste au-dessus des couvre-chaussures avant d’atteindre Roupeldange à 11h30. Le bataillon éclaboussé par la boue a du traîner derrière lui de nombreuses armes lourdes et une compagnie supplémentaire de jeeps s’est enlisée dans la plaine marécageuse. Il y avait une certaine résistance de l’ennemi par des tirs d'artillerie à l'assaut de Roupeldange mais le terrain était l’obstacle le plus difficile à franchir. La plupart du feu de l'ennemi était concentré sur la route principale de Boulay au sud du secteur du bataillon.

Au milieu de l'après-midi le 1er  bataillon était  à Roupeldange, prêt pour un bond à travers 800 mètres de terrain découvert en légère hausse vers la forêt d’Ottonville. L'avance dans les bois a été faite en une ligne de tirailleurs de la compagnie B sur la gauche et la compagnie A sur la droite. La seule route principale dans la forêt était transversale par rapport à la ligne de progression.  La compagnie A a reçu l’aide de l'artillerie et des barrages de mortier et a ainsi pu avancer à travers les bois mais quelques blessés ont soufferts. A 16 heures, les bois étaient nettoyés et la compagnie A et la compagnie B étaient de l'autre côté regardant vers le bas à travers Ottonville et son ruisseau puis vers le village. Les recherches se firent aussi en direction de la ligne Maginot qui s'étendaient sur les hauteurs au nord et au sud d’ Ottonville.

A partir de ces forteresses et les hauteurs au nord-est est venu une pluie d'obus de mortier explosant en éclats dans les arbres au milieu des positions de la compagnie A. Les mitrailleuses ennemies ont ouvert le feu et des balles fouettaient à travers les arbres, faisant de nombreuses victimes. Au moins trois hommes ont été tués par les mortiers et les coups de feu.

Ce fut le début d'une longue nuit pour  Pfc William R. Fogelson et  Francis Kane, les hommes d'aide de la compagnie A. Les blessés ont été transférés dans une casemate de la ligne Maginot vers la lisière nord de la forêt où un feu brûlait encore dans un chauffage au poêle qui fournissait ainsi  un endroit chaud et sec pour les blessés. Le reste des compagnies A et B a passé une nuit humide et froide dans les bois.

Le lendemain, la compagnie a subi  des pertes et même le poste de secours de la casemate a été truffé de balles et partiellement isolées par des tireurs d’élite en avant et en arrière de cet ouvrage.

Le Sgt. Harry Mc Williams, un sergent communication de la compagnie A et opérateur radio, a été touché à la jambe et le 1er Sgt. (Plus tard le 2ème Lieutenant) William R. Johnson a repris la radio.

Un acte de bravoure est à signaler au sein de la compagnie A à travers les bois d’Ottonville à l’actif du Pfc (plus tard S / Sgt.) Emery F. Dobs qui a tiré son pistolet de sa hanche et fit feu sur deux mitrailleuses ennemies et a fait 10 morts allemands. Il a reçu la Silver Star pour son action.

 

L’attaque sur Ottonville

La compagnie C, avec le poste de commandement avancé du bataillon s’est déplacée hors de Roupeldange le matin du 26 novembre au contact des compagnies A et B pour lancer une attaque coordonnée sur Ottonville.

Les compagnies A et B ont reçu l'ordre de se déplacer vers le bord droit du bois après qu'ils ont été incapables de franchir Ottonville par le ruisseau et d’approcher le village par le sud-est. Le changement de position est encore compliqué par un violent bombardement ennemi qui se désorganise tout de même.

Les compagnies. A et B ont reçu l'ordre de se déplacer dans Ottonville, de la pointe nord-est de la forêt. La compagnie A a été quant à elle face à une lourde tâche de réorganisation de ses forces dispersées. Le lieutenant Harold Weaver de la compagnie A reçu la Silver Star pour son action de réorganisation de sa compagnie tout en étant exposée aux tirs ennemis.

La compagnie B fourmillait sur les hauteurs sud d’Ottonville en fin d'après-midi et au crépuscule avec les autres éléments de la compagnie A sur sa gauche et avait ainsi pu emmenager dans Ottonville. Deux pelotons de la compagnie B ont pris le haut des deux côtés du ruisseau d’Ottonville ainsi que plusieurs casemates de blocage à l'approche du village..

L'autre peloton a été envoyé directement à l'est et a déménagé dans Ottonville sur la route principale de Ricrange à Boulay. Les deux compagnies se sont déplacées à travers les mortiers et les mitrailleuses en zigzaguant dans un terrain en pente entre les bois et Ottonville. Des flots de balles traçantes rouges venant  des casemates de la colline de l'autre côté du ruisseau.

Le premier classe (plus tard S / Sgt.) Virgil Hitchcock de la compagnie B raconte : «C'était plus difficile, cependant les Allemands ont tiré des balles traçantes pour vous faire sentir en sécurité sous leur feu, mais beaucoup trop régulière furent les tirs des mitrailleuses venant à hauteur de la taille ».

Le canon d’un remorque-tank d’une unité de destroyés joint au bataillon avait fait tomber le clocher de l'église d’Ottonville et en trois coups bien placés, le clocher a été coupé à la base s’est écrasé pencher dans la place du village entrainant dans sa chute le bâtiment de la mairie. Le maire de la ville a été tué par la compagnie B alors qu'il tentait de s'enfuir avec un officier allemand. L'officier a également été tué. Les compagnies A et B ont rapidement poussé vers l'avant pour libérer le village avant que le jour ne tombe mais il n’était que 10 heures du matin. Ils ont fait  55 prisonniers.

La compagnie C et le bataillon ont déménagé à la pointe nord-est de la forêt de Ottonville, où le PC du bataillon a été mis en place dans une casemate de la ligne Maginot.

Sur la pente entre la forêt et la ville tout au long de la nuit, l’infirmerie de la cie a travaillé fiévreusement dans l'obscurité totale, en communiquant avec les hommes et leur cri de douleur. Près d'un km vers l'ouest le long du côté ennemi de la forêt,  Fogelson et 14 blessés de la compagnie étaient encore dans le poste de secours de la casemate.

L’ennemi a tiré avec des armes légères sur la zone toute la journée et a empêché l'évacuation des victimes. L'intérieur de la casemate était bondé et bien sûr coupé des autres troupes. Vers minuit, le 26 des brancardiers médicaux, complétées par les hommes du peloton anti-char du premier bataillon section 2 atteint le poste de secours et a commencé à évacuer les blessés. L'évacuation a été dirigée par le 1er lieutenant John Mannion, MAC. Toutes les victimes devaient être portées depuis plus d'un km à travers le bois à un endroit où elles étaient chargées sur les jeeps de l'aide médicale.

Quatre hommes ont été nécessaires pour transporter une civière dans la boue lourde et les forêts denses. L'évacuation s'est déroulée juste avant l'aube.

A Ottonville les compagnies  A et B ont passé une nuit relativement calme.

La compagnie C et le bataillon de quartier général déménagent d’Ottonville tôt le lendemain matin. De là, les troupes à pied ont commencé une longue traque qui les a menés vers le nord sur le chemin vers Brettnach et Tromborn.

La compagnie  C soutenue par une section de mitrailleuses lourdes, a décollé au pas d’ Ottonville vers le nord en direction de Valmunster où ils ont pris le village sans opposition. Le capitaine Edgar T. Savidge de la compagnie C et le Technical / Sergent Moineau de la compagnie D, sont entrés dans une maison et le Sgt. Moineau, parlant français, se présenta. Après cette longue introduction en français, un homme dans la maison a répondu dans un anglais parfait: «Je suis heureux de vous voir, mon capitaine et sergent! » C’était un artilleur caché par l'amicale française depuis le 14 novembre.

La comapgnie B, environ 190 hommes, fonça vers le nord en direction de Velving où ils ont trouvé aucune opposition. Ne s'arrêtant que peu de temps dans le village, ils furent rejoints par le reste du bataillon, qui proposa de se diriger vers le nord à travers Téterchen, Brettnach et Tromborn. Le quartier général est mis en place à Brettnach alors que  les compagnies B et C avec D en soutien se sont déplacés à Tromborn. Le bataillon a ensuite été placé dans un régiment de réserve.

Le mouvement se poursuit au nord-est sur le C 28, les cies B, et D se déplaçant dans Villing et le quartier général et quelques compagnie à Voelfling, bien que dans la réserve du bataillon ait subit  des tirs d'artillerie ennemie. La cantinière de la compagnie C a été endommagée par le feu d’artillerie dans Villing et un bataillon antichar a été renversé et mis hors d'action à Voelfling.

D’autres cies du 95ème regiment d’infanterie furent envoyées à partir des Etangs le jour de Thanksgiving vers Boulay avec comme objectif de prendre Téterchen.

Le samedi 25 novembre le bataillon quitta Les Etangs à 5h00 du matin vers Boulay.

 

Objectif Téterchen

Boulay avait été libérée par le deuxième bataillon et a été sécurisée jusqu'à environ 2.000 mètres au-delà, où les troupes du deuxième bataillon se sont engagé vers le bois d’Ottonville. Voici où la mission du troisième bataillon devait débuter le matin suivant.

L'objectif immédiat était de briser la ligne Maginot et de s'emparer de Téterchen, à environ quatre kms au-delà de la ligne de départ.

Le terrain pour les quatre kms était élevé avec des haies et des ruisseaux intermédiaires. Toutes les hauteurs ont été occupées par les Allemands. Une bonne route et un chemin de fer à double voie, à peut- près parallèle conduit au nord-est à Téterchen, mais la situation exigeait une extrême vigilance. Une ligne de tirailleurs été formée le matin (7h30, le dimanche 26 novembre) avec la cie I à gauche de la route et de la cie L sur la droite. Des hommes suivaient en réserve. Les pelotons de la cie M ont quitté leurs jeeps et se sont portés auprès de la compagnie de fusilier pour leur donner un coup de main. Juste en face du deuxième bataillon il y a des tranchées, sur le bord le plus éloigné de la forêt, il y avait un fossé profond, s'étendant à travers et de part et d'autre de la route. Les troupes attendirent et  enfin, l'ordre est venu de commencer un  mouvement vers l'avant. Dès que les hommes ont commencé un point de filtrage de protection pour couvrir les bois, les obus ont commencé à pleuvoir. Le 1er lieutenant (plus tard capitaine) Vincent Geiger, à la tête de la cie, a mené ses hommes qui ont ouvert le feu.

"On pouvait voir les observateurs sur la colline, à environ un km en face de nous », a raconté S / Sgt. Estel Crabtree du deuxième peloton. «Ils étaient en face de nous à cette distance tout au long de la journée et ils se tinrent jusqu'à là-bas nous scrutant avec leurs jumelles. Ils sont restés juste hors de portée efficace de nos armes de petit calibre, mais à chaque fois, on doit les avoir en vue avec nos fusils et nos mortiers. . . . Notre section de mortiers nous a sauvé la journée pour ceux d'entre nous qui ont traversé les lignes allemandes ". Les observateurs allemands disparaissaient pendant un instant, comme nous avons roulé, puis on les vit apparaître sur le sommet d'une colline à côté plus loin.

Le barrage de mortiers allemands était incessant. La cie I était pillonnée toute la journée. Mais les hommes se déplaçaient régulièrement de l'avant avec leur feu flamboyant, "Il s'agissait d'une question de lutte ou rester là et de mourir », a expliqué T / Sgt. Houston McClure. «La plupart des renforts que nous avions reçu seulement le veille a commencé à faire effet lorsque le barrage de mortiers a commencé. Ceux qui l'ont fait étaient tous morts. Nous n'avons jamais eu à connaître ces garçons. "Au sommet d'une colline, la cie M a perdu six de ses hommes.

 

La ligne Maginot est tombée

Le T / Sgt. (Plus tard, le lieutenant) Joseph Kupiak du deuxième peloton a pris un tir d’une mitrailleuse sur son peloton à partir d’une maison dans leur secteur. Le premier classe. Clifford Olson, qui a souffert d'une grave brûlure sur la main à cause de son tir, a tué un autre mitrailleur dans une botte de foin. Le technical   / Sgt. Lester Larson a pris le premier peloton en avance rapide, a surpris le locataire d'une casemate et a pris celle-ci. Une autre casemate a été prise de façon similaire par le second peloton .La cie L était venue de Boulay de la ligne de départ et en colonne le long de la route et du chemin de fer, puis s’est déployée vers la droite en ordre dispersé avant que l'attaque commence. Les mortiers et les armes légères se sont déversés sur eux dès qu'ils atteignent les champs ouverts.

Le feu était sporadique mais lourd toute la journée. Là encore, les hommes ont donné du crédit à leur mortier pour forcer la cie allemande par l’arrière. Le 1er peloton du  lieutenant Leonard Donaldson de la cie M a soutenu le feu sur les positions préparées le long du chemin.

Environ à 4:00 PM, la cie a aperçu son objectif, Téterchen, et à protéger le flanc gauche, à tirer vers le haut sur le côté arrière du terrain face au haut du village. Enfin hors de l'observation directe des Allemands, la Compagnie L a foncé vers le village sur une colline, entourée par des positions retranchées et un piège. «Nous nous sommes fixés et pris d'assaut le village sous le feu de l’ennemi". C'est ainsi que S / Sgt. Thomas Kiddon s'en souvenait. "Ensuite, l’allemand arriva en courant autour du village sur notre flanc. Notre lourde mitrailleuse les a abattus et le reste des allemands se retira. "

Le lendemain, 27 novembre, la cie L  pris et quitta Téterchen, marcha quelques kilomètres au nord en se dirigeant vers le village de Velving, où il y eu peu de résistance. Il y eu tout de même un coup de feu tiré à l'IG. Avec l'aide de civils, le  premier peloton a traqué trois hommes SS en civil, dont l'un avait tiré.

Ainsi le village de Velving vit deux fois l’arrivée des troupes américaines : la libération par la cie B du 377ème RI le dimanche 26 novembre et par la Cie E de ce même régiment le lendemain 27 novembre.

Sentant que le corps principal des Allemands était retombé, la cie se dirigea immédiatement au nord-est à travers les bois-être entre Velving et Brettnach, en passant quelques casemates vides et prit le village. Ils ont marché toute la journée et capturé en successivement les villages d’Odenhoven, Château-Rouge, Oberdorf, et Voelfling. Le deuxième peloton de la cie M a porté dans ses mains ses mitrailleuses et des munitions pendant toute la marche. Les cies I et L sont sortis de Téterchen en colonne et ont pris Tromborn sans opposition. La  cie a été  retardée en attendant des éléments à gauche et à droite avant de se déplacer plus loin. Une section de réserve a été ajoutée pour le prochain objectif de la journée, Villing. Les allemands ont riposté avec acharnement à Villing, mais par l'organisation rapide et l'utilisation des mortiers de 60 et 81 le village a été pris le soir. Grâce au lieutenant Raymond Baiz de la cie I,  au S / Sgt. (Plus tard lieutenant) Donald Mortarmen O'Brien, efficaces dans le traitement de ces Allemands.

Les hostilités de cette journée ont mis fin au combat en France. Les troupes ont dit que l'Allemagne était juste au-dessous de la colline et que la frontière devait être franchie dès le lendemain. Même s’ils n'avaient pas été informés, les hommes ont su qu'ils avaient franchi la frontière le 28  novembre. Les populations civiles étaient désormais définitivement non-accueillantes.

 

Sources :

1.Historique du 377ème  Régiment d’infanterie et journal de marche des troupes à travers le Pays de Nied

2. Récits et mémoire des habitants du village de Velving

 



 





 






 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



21/04/2013
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